L’Institut Pasteur d’Iran a organisé une réunion scientifique sur les hantavirus : épidémiologie, situation actuelle et implications sanitaires
La 48e réunion scientifique de l'Institut Pasteur d'Iran, organisée en collaboration avec le Département des maladies infectieuses de l'Université des sciences médicales de Téhéran, s'est tenue le 19 mai 2026 à la succursale de Tajrish de l'Institut. La session était consacrée à « Une revue de l'épidémiologie, de la situation actuelle et des conséquences sanitaires des hantavirus » et a réuni des membres du corps professoral, des chercheurs, des étudiants et des experts. Le Dr Saber Esmaeili, directeur du Centre de recherche sur les maladies émergentes et réémergentes de l'Institut Pasteur d'Iran, a ouvert la réunion. Il a évoqué la récente flambée de hantavirus liée à un paquebot néerlandais et a souligné les défis posés par les infodémies et la désinformation sur les voies de transmission en contexte d'urgence sanitaire.
Le Pr Ehsan Mostafavi, épidémiologiste et directeur général de l'Institut Pasteur d'Iran, a été le premier intervenant en ligne. Il a souligné le potentiel des hantavirus à provoquer de futures épidémies, voire des pandémies, en raison de leur origine zoonotique, de leur nature à ARN, de leur capacité de mutation et des récents rapports de transmission interhumaine. Il a mentionné la flambée de hantavirus survenue à bord d'un paquebot au départ de l'Argentine, notant que l'OMS avait classé le risque comme faible. Il a également indiqué que l'Iran mène des recherches sur les hantavirus depuis 2013 au sein du laboratoire des arbovirus de l'Institut. Le Dr Mohammad Reza Salehi, professeur associé de maladies infectieuses à l'Université des sciences médicales de Téhéran, a expliqué lors de son exposé en ligne les différences cliniques entre les hantavirus de l'Ancien Monde (Asie, Europe), qui provoquent un syndrome de fièvre hémorragique avec atteinte rénale, et ceux du Nouveau Monde (Amériques), qui entraînent un syndrome cardio-pulmonaire sévère associé à une mortalité de 30 à 40 %.
La Dre Fahimeh Bagheri Amiri, professeure assistante d'épidémiologie et cheffe du département d'épidémiologie et de biostatistique de l'Institut Pasteur d'Iran, a abordé les facteurs épidémiologiques, en insistant sur la surveillance active des rongeurs. Elle a estimé que le potentiel pandémique des hantavirus était faible, bien que la transmission respiratoire et les lacunes de l'immunité collective demeurent des facteurs pertinents. Le Dr Mohammad Hassan Pouriayevali, professeur assistant de virologie médicale et membre du Centre de recherche sur les maladies émergentes et réémergentes, a traité de la virologie et du diagnostic biologique. Il a noté qu'environ 40 espèces d'hantavirus ont été identifiées (dont 22 pathogènes pour l'homme), avec une estimation de 200 000 cas annuels dans le monde, dont la moitié ne sont pas déclarés. Les défis diagnostiques incluent la nature aspécifique des symptômes et la courte durée de la virémie. La réunion s'est conclue par un appel à la collaboration intersectorielle, au renforcement de la surveillance des maladies émergentes et à la poursuite de la recherche sur les infections transmises par les rongeurs.
نظر دهید